Histoire

Avant Purgat :

Le système Politique qui avait cours dans la Cordillère des Monts Émeraude ne reposait que sur la violence, il ne s’imposait que par la force et la soumission. La place forte d’alors, déjà installée au cœur des Havrecimes actuelles, concentrait le pouvoir d’un Empereur qui dirigeait l’empire Narak, commandant les armées qui lui assuraient la vassalité des multiples Cités et villes qui parsemaient les Montagnes plus vastes qu’aujourd’hui. Les peuples de la Cordillère étaient organisés en systèmes récursifs de chefferies locales, des Ullay, dirigées par un Karaku qui appuyait son pouvoir sur une divinité locale Wuka, et subordonnées à une chefferie dominante, elle-même affidée au pouvoir impérial. Chaque groupe vassal devait à son dirigeant direct une force de travail assignée à des activités agropastorales, artisanales ou militaires. Les hommes de chaque village se relayaient ainsi sur quelques mois pour assurer ce service. En échange, ce dernier leur distribuait des biens en nature (nourritures, bêtes, fournitures, …), notamment lors de festivités et célébrations. L’Empereur lui-même disposait ainsi d’une masse constante d’hommes à son service pour valoriser ses terres et remplir ses entrepôts, à laquelle il y ajoutait une part non-négligeable de serviteurs fixes, rattachés à sa personne et garantissant une stabilité minimale.

L’Empereur en question prenait le pouvoir par la force, et pour revêtir ce rôle sacré devait renier toute famille, toute filiation. Il renonçait ainsi à tout héritage pour remplir pleinement sa fonction sacrée. De même, il ne transmettait pas son titre par le sang, du moins rien n’était ici automatique et garanti. A la mort de l’Empereur, seule la force réglait la situation, alors que tous les prétendants s’évertuaient à se neutraliser, s’allier ou se combattre pour finalement atteindre le trône. Ainsi, à chaque fin de règne débutait une période de troubles et d’agitation, où de nombreuses Ullay se rebellaient, jusqu’à ce qu’un prétendant réussisse à prendre le contrôle de la force militaire, obtienne ainsi gain de cause et rétablisse l’ordre dans l’Empire. Il justifiait dans un second temps sa place en construisant le mythe sacré qui le légitimait à cette place.

Certains Empereurs réussirent à assurer, du moins à faciliter l’accès au pouvoir à un successeur désigné et avantagé, et ainsi favorisèrent une montée en puissance de l’Empire, tant dans son organisation et sa production que dans sa puissance militaire. Le dernier en service avant les 5 Purgat, Kukulnok III, finit de pousser l’Empire vers le chemin guerrier, notamment en poussant à l’expansionnisme et prendre de facto une part active dans les Guerres de la Discorde.

Après Purgat :

Suite aux 5 Purgat, le peuple alors décimé des Raknariens, en proie à une Cordillère fracturée, leurs villes et leur grande Cité englouties sous des monceaux de roches, se mit au travail pour bâtir une nouvelle Nation.

Cette dernière serait forte des enseignements que l’Histoire leur donnait, et ne laisserait jamais se reproduire l’Apocalypse récemment vécue. Il fallait reconstruire vite et fort, se repeupler et repenser leur structure et leur culture pour empêcher tout potentat guerrier.

Face à l’ampleur du chantier, les Raknariens se regroupèrent sur les décombres de l’ancienne Cité au cœur de la Cordillère, pour la reconstruire et fonder en ce lieu les bases du nouveau peuple Raknarak. 3 survivants du désastres prirent les devant et menèrent ce qui restait des Raknariens :

  • Amaru (Serpent, monde d’en bas, des morts) un hydromancien et architecte de l’ancienne Cité
  • Pumaq (Puma, monde d’ici bas, des mortels) un forgeron et marchand
  • Kuntur (Condor, monde d’en haut, celui des Dieux) une guérisseuse et une mystique

Ces 3 premiers guides s’efforcèrent d’identifier ce qui avait conduit leur peuple à la tyrannie et au carnage, au delà du contexte guerrier qui enflammait tout le Creuset. Ils pourraient alors poser des fondations propices à une paix durable, pour un peuple pacifique et en harmonie avec la Montagne.

En réponse au dictat de Kukulnok III, ils s’accordèrent rapidement sur le premier pilier à édifier : la communauté. Le peuple devrait avoir ancré en lui l’importance du collectif, la priorité du groupe sur l’individu. Cela devrait s’incarner dans chaque détail de la vie de la Nation, depuis sa gouvernance jusque dans ses rites familiaux.

La colère cyclopéenne qui avait si durement frappé les Monts amena naturellement ce Conseil improvisé à se faire les représentants d’une philosophie écologiste qui n’eut aucun mal à s’ancrer dans la culture et la spiritualité Raknarienne. Ils s’appliquèrent alors à instaurer dans leur culture renaissante des rites et coutumes emplis de codes et de symboles qui cimenteraient une identité commune forte, ponctuée de réguliers événements collectifs pour fédérer et unifier.

Leur noms resteront à la postérité et consacreront les 3 postes de ce qui deviendra le Conseil restreint du Raknarak.

Le dernier pilier du peuple Raknarak s’édifia de lui-même : l’effort de quelques générations à reconstruire une Nation riche et compétente légitima et couronna l’artisanat, profession maîtresse parmi toutes, et le fer de lance d’un commerce luxuriant et convoité.