Raknarak
Le peuple Raknarak a élu domicile sur la Cordillère des Monts Émeraude. Adossée aux Briserêves du bord Nord-Ouest du Monde, elle s’étend sur une vaste étendue du Creuset, de près de 2500 km de longitude pour quelques 2000km de latitude :
- d’Ouest en Est, elle s’accroche aux Briserêves jusqu’à rejoindre la Flaquemonde
- au Sud-Ouest, les montagnes laissent place à des collines voisines de la forêt Altier
- le Centre-Sud de la cordillère côtoie le début des Grandes Plaines
- le Sud-Est rejoint la Flaquemonde, non loin du Nangala
Le relief montagneux n’est pas uniforme : le centre de sa part occidentale, les Havrecimes, réchauffés par une géothermie fumante et rugissante, concentre les plus hauts sommets de la Cordillère : de nombreuses crêtes resserrées et aux reliefs abrupts, exhibant un chaos de strates géologiques et de parois effilées, les stigmates de l’éclatement furieux qui balafra cette Région aux 5 Purgat. De son côté, la part orientale de la Cordillère s’étend sur près de 1000km jusqu’à atteindre les rivages Nord de la Flaquemonde. Depuis les abords des Havrecimes, cette région perd brutalement en altitude et l’on découvre une plaine étendue de terres arables et fertiles : les Greniers de Clémence, encadrés par 2 chaînes de montagnes traçant un axe Est-Ouest sur 2 latitudes distinctes : les 2 Coriaces.
La Cordillère des Monts Émeraude, riche en ressources et aux cultures abondantes, reste fracturée, abrupte et exigeante. Elle a façonné une Nation organisée et technocratique, parvenant à unir et fédérer un système de Cités et de ressources diverses et disséminées grâce à des moyens logistiques et techniques sans égal parmi le Creuset. Les Eaux-Fourneaux, sa capitale bâtie au coeur des Havrecimes, en est la parfaite démonstration : un cratère fracturé en plusieurs plateaux rocheux d’altitudes diverses, reliés par des ponts et des convoyeurs alimentés par la géothermie.
Marqués par un Empire Narak cultivant la violence et la domination, les Raknariens se sont reconstruit avec un rejet viscéral de tout potentat guerrier, pour bâtir une société égalitaire et méritoire de bâtisseurs, de marchands et d’artisans. La volonté d’un despote fut remplacé par celle d’un collectif fort, soudé et affairé. La Nation procure à tout jeune Raknarien, homme comme femme, le logis et l’instruction pour développer ses talents, exigeant en retour une ardeur à aiguiser ses talents pour servir la collectivité. La compétition est féroce, l’élitisme est omniprésent.
Cette écrasante exigence produit un premier effet secondaire : la société Raknarak est durement normative, poussant chaque individu à éviter toute originalité. Toute déviance sociale est vite vue comme de l’individualisme, une rupture de ban dangereuse pour leur unité. Cette coercition silencieuse a un second prix, elle enfante ses déviances et ses excès : échappatoires clandestins et substances récréatives sont un tabou à peine déguisé, une vérité qui dérange et qui se cache.
Nombreux trouvent refuge et réconfort dans les rites et célébrations qui rythment l’année Raknarienne. Ce peuple traditionaliste interprète et rationalise son rapport au monde à travers nombre de rites et superstitions. Gare à ceux qui commettent le sacrilège de s’aventurer dans les souterrains des Havrecimes, ils compromettent le sommeil de l’Esprit de la montagne ! La Sourcellerie, quand elle ne sert pas un des ordres monastiques de la Nation, est vue comme une impiété, et les Sourciers sont craints et tolérés à contrecœur, par respect pour l’Académie et son antenne présente aux Eaux-Fourneaux.
Tout comme ses rituels, le Raknarak organise la vie de la Cité en administrations, procédures et paperasserie, et découpe les territoires comme la nature en systèmes fonctionnels. Un triumvirat de 3 Patcha régit la nation se répartissant les rôles entre le Kuntur pour les choses sacrées, le Pumak pour la vie diplomatique, commerciale et artisanale, et le Amaru pour la logistique et la sécurité.
Les Raknariens sont les bienvenus dans de nombreuses Cités du Creuset, la qualité de leur artisanat et leur expertise technique leur ouvre bien des portes. Particulièrement vrai avec les autres Nations mercantiles (entre marchands on se comprend !), le contact est plus rugueux avec les peuples moins matérialistes, productivistes ou technicisés. Ils restent ainsi vigilants et protègent leurs frontières.
Les temps actuels mettent ce peuple au défi : comment continuer à contrôler un monde lorsque le système s’emballe, que des Bêtes-Esprits aux actes chaotiques et aux volontés indiscernables viennent perturber un ordre établi, un système bien catégorisé et prévisible ? Comment cette Nation si rigide et normative réussira-t-elle à s’adapter, à lâcher prise face au chaos émergent ?