Ecosystème

Topographie

les Havrecimes

Cette région est parcourue de sources chaudes souterraines qui par endroits fracturent la roche de laquelle s’échappent une fumerolle ou un geyser bouillonnant, dont le rugissement interrompt un instant la relative quiétude des environs. Pour cette raison et depuis plusieurs générations, les locaux usent moins du titre Havrecimes, et lui préfèrent plus spontanément le surnom de Mahon-Furieux, du nom du Primesprit associé par les locaux à l’agitation des sous-sols : gardien de la Cordillère qui sommeille en ses tréfonds, et dont seuls les ronflements parviennent à la surface, créant les geysers qui parsèment la région. Tout Raknarien sait l’importance de son sommeil, et le péril qu’ils risquent à voir sa colère se réveiller. L’Enclume, le glacier qui trône sur les plus hauts sommets des Havrecimes incarne à merveille ce danger latent.

Cette source de chaleur et d’irrigation confère à la contrée une abondance normalement rendue impossible par l’altitude : selon la proximité des points chauds, la roche à nue et la neige laissent la place aux denses forêts et à une nature riche et fertile. Les Monts Emeraude ne s’appellent pas ainsi pour rien.

Les Havrecimes abritent en leur cœur Les Eaux-Fourneaux, la Capitale des Raknariens. Une seule route sait trouver son chemin parmi les cols et permet à tout voyageur de bonne condition physique d’atteindre les Eaux-Fourneaux, moyennant quelques milles de dénivelé à encaisser. Mis à part cette capitale, le cœur des Havrecimes reste une zone très escarpée accessible aux initiés uniquement. Elle propose nombre de défis et de dangers : entre l’alpinisme, la chasse aux Kuntak et les champs de geysers et de fumerolles, les aventuriers audacieux auront leurs lots de défis.

L’Est des Havrecimes, avant de plonger brutalement de plusieurs milles en contrebas vers les Greniers de Clémence, présente un relief montagneux par 3 fois interrompu par de curieuses murailles de roche à vif, hautes de plusieurs centaines de mètres, tranchant le paysage d’Est en Ouest sur plusieurs kilomètres : les 3 Griffes. On pourrait y voir là 3 sommets qu’on aurait, tels des arbres sous les coups de hache d’un bûcheron, abattus et laissés s’effondrer. Ces barrières interrompent autant de fois le paysage, tracent 3 lignes parallèles, 3 obstacles abrupts qui contrarient le passage Nord-Sud de cette partie des Havrecimes.

Les Greniers de Clémence

Les 2 Coriaces exhibent un relief chaotique, éclaté et sans logique apparente, comme taillés à la serpe par quelque dieu fou qui serait venu sabrer tel pan de roche à l’envie. L’harmonie des Greniers de Clémence eux-mêmes est brisée à quelques endroits par de titanesques monolithes qu’on croiraient abandonnés là par un géant de mythologie lassé de trainer son fardeau. Les 4 plus massifs d’entre eux sont aujourd’hui nommés les 4 Pieux.

Les cicatrices d’un passé encore frais

La forme étrangement arrondie des 4 Pieux, l’incongruité des 3 Griffes, l’absurde chaos des 2 Coriaces, tout ceci n’est un mystère pour personne, la mémoire des 5 Purgat est encore vivace, et tous parmi les Raknariens savent relater comment de la Flaquemonde déchaînée partit un Tsunami de taille à affronter les Montagnes. Ce dernier, parcourant plusieurs milliers de kilomètres, vint raboter la Cordillère de l’ancien temps, brisant et emportant avec lui des fragments des Massifs qu’il détruisait à mesure qu’il se rapprochait de ce qu’on appelle dorénavant les Havrecimes. La force de la vague ne vint finalement pas à bout de la Cordillère mais elle y laissa son empreinte. La fin de sa course se solda par l’effondrement de 3 sommets en travers des Havrecimes, et le tsunami dans son ressac creusa la plaine des Greniers de Clémence, y déposant les quelques mastodontes de roche emportés et taillés par la puissance de l’eau qui finit par les abandonner.

Faune & Flore

La grande vague qui ravagea la Cordillère lors des 5 Purgat a profondément influencé les terres du Raknarak, y apportant de nombreux engrais naturels qui ont fertilisé les sols, avec son lot de sel marin. Cette terre a permis à une végétation particulière de se développer, adaptée à cette teneur en sel trop agressive pour la flore habituellement présente. Après des premiers siècles difficiles, les Raknariens ont su tirer profit de leurs sols et pleinement les valoriser. La faune n’en est pas en reste, et les élevages de bétails sont reconnus pour leur saveur unique dans tout le Creuset. Les Havrecimes, plus en hauteur, ont profité de cette minéralité unique au monde pour laisser s’épanouir une espèce d’arbre endémique : le Salicorme. Tirant profit du sel saturant les sols de certains endroits, cet arbre réussit à absorber et intégrer le minéral à sa chair, lui conférant des propriétés de résistance hors du commun, ainsi qu’une apparente brillance qu’aucune autre essence de bois ne saurait offrir.

Kuntak :

Fiche Creature Cette espèce sauvage endémique parcourt les falaises et les grottes des Havrecimes. Nichés dans les anfractuosités des falaises en petits groupes familiaux, ils chassent parmi les parois, cherchant des œufs ou des proies faciles, et profitent des courants chauds ascendants créés par les sources chaudes pour planer dans les Havrecimes.

Petit, cet animal ressemble à peu de chose près à un écureuil volant, à ceci près qu’il profite de 6 membres, mais s’il atteint l’âge adulte, il peut alors mesurer jusque 3 mètres de haut. Les plus vieux et lourds d’entre eux ne sont plus capables de voler et s’installent dans les grottes des Montagnes, chassant alors des proies plus conséquentes, au sein des galeries qui parcourent les Havrecimes.

Son anatomie est sans surprise adaptée à son mode de vie : 3 paires de pattes aux fonctions distinctes pour en faire le roi des Havrecimes :

  • les membre inférieurs présentent une rangée de 4 griffes épaisses et légèrement recourbées pour s’accrocher à la roche, en particulier les 2 griffes extérieures, sensiblement plus grandes et pointues
  • les pattes centrales présentent des mains préhensiles à 4 doigts, armées de griffes plus fines au service d’une dextérité accrue
  • les membres supérieurs finissent sur de grands crochets recourbés vers le sol, et garnis de petites pointes pour lui permettre de s’accrocher aux parois tel des piolets d’escalade