Culture
Un peuple et ses fantômes :
Le Raknarak garde de profondes marques des 5 Purgat, cela se ressent dans tous ce qui constitue la Nation actuelle : on ne parle plus du passé, ce qui compte c’est d’aller de l’avant, de faire primer la Nation, sa Corporation, sa famille avant l’individu, pour reconstruire une nouvelle société Raknarienne plus solide et protégée des affres du passé. Les comportements déviants sont à réprimer, l’originalité est risquée et l’on s’évertue à uniformiser et régenter les attitudes, tandis que les responsabilités sont diluées parmi le groupe. L’Histoire a marqué d’opprobre la logique militaire et l’élan guerrier de temps révolus : toute fierté patriote alors exclue, les Raknariens ont trouvé un nouveau fer de lance, un nouvel orgueil dans l’excellence de leur Artisanat et de leurs Arts. De ce même passé, ils ont gardé une crainte et une déférence envers la Nature et sa force qu’ils respectent et révèrent. Dans les rites et les mots du moins. Pour ne pas reproduire les erreurs du passé, la justice Raknarienne est implacable et expéditive, mais ne tombe que très rarement, on n’accuse jamais personne sans disposer de preuve inébranlable. Ou de pressions suffisamment appuyées.
Une société ritualisée
Ils restent un peuple très spirituel, craintif de la montagne et de sa puissance endormie, plein de croyances populaires qui tendent vers la superstition. Leur vie sociale et collective est marquée par de nombreuses cérémonies et rites, qui rythment et structurent la communauté, les symboles et les codes sont omniprésents. Le respect des Grands Esprits est capital, la Montagne est écoutée, tout est à faire pour éviter un nouveau cataclysme. Gare à celles et ceux qui commettraient le sacrilège de la creuser, ils risquent l’exil, au mieux. Et tout ceci n’aurait aucun sens si cette culture n’est pas préservée. Ainsi, l’étranger sera toujours bien reçu parmi les Raknariens, mais qu’il ne cherche jamais à s’approprier leur culture et leurs usages : seul un Raknarien a droit de cité dans son pays, et gare à l’intrus qui voudrait s’immiscer dans les affaires de la Nation.
L’Honneur est sauf :
La vie d’un Raknarien est marquée par l’honneur : celui envers sa famille, envers la confrérie, la guilde ou la maison qui l’accueille et lui transmet un savoir, une maitrise, et bien évidemment envers la Nation. Le langage est policé et indirect, le risque est trop grand à parler franc, le seul et meilleur moyen de briller est de se montrer exemplaire parmi ses pairs. Cette société est fortement hiérarchisée, toute organisation est stratifiée en plusieurs niveaux de responsabilités et de direction, et le respect du supérieur n’est pas une option. Depuis les 5 Purgat, l’objectif de revitaliser la Nation s’est imposé dans les esprits. Les structures familiales sont encouragées à avoir le plus d’enfants, mais supportent l’injonction de les élever au mieux, ils sont responsables de leurs agissements.
Des Corporations et des Hommes :
Le peuple Raknarak excelle dans l’Artisanat et révère ses plus grands artisans, et maîtrise la puissance des sources chaudes : tout un système de transport de marchandises, de mécanisation et d’industrie profite de cette énergie. Les Raknariens valorisent avant tout l’expression pour chacun de ses talents. Qu’ils soient musicaux, manuels ou intellectuels, chacun doit avoir la chance de s’épanouir, mais doit s’évertuer à donner le meilleur de lui-même, aux plus grands efforts pour développer ses talents : la société toute entière doit briller des compétences de chaque Raknarien. Le travail est donc une valeur omniprésente, un besoin impérieux de se rendre utile à la Nation, et offrir son énergie et son talent pour la communauté, au dépend de sa vie personnelle s’il le faut.
La compétition est féroce pour pousser chacun à se dépasser. La pression est grande sur les épaules des plus jeunes pour trouver une place en apprentissage ou pour se démarquer lors de concours : la méritocratie est fortement encrée et défendue, les meilleurs doivent être repérés. Cela s’accompagne d’un égalitarisme pragmatique : pas de ségrégation des sexes, tous les muscles et les cerveaux sont bons pour travailler à la gloire de la Nation, et cet enseignement doit être proposé à tous, gratuitement pour l’avenir de la Nation, et les Corporations se doivent de participer à cet effort.
Pour repérer les appétences de chacun et dénicher des talents particuliers, les cours des premières années viennent tester l’attirance et la maitrise des jeunes élèves sur plusieurs supports et sujets de travail différents. Plus tard, des concours sont souvent proposés, des bourses sont offertes aux plus méritants, les autres doivent se débrouiller en travaillant des heures supplémentaires auprès de leur employeur.
Cet élitisme marque les rapports humains, chacun surveille son prochain, silencieusement mais sans cesse, et attend de ce dernier la même énergie qu’il s’impose à soi-même.
Cette coercition silencieuse a un prix, elle enfante ses déviances et ses excès. Les produits dopants sont monnaie courante, et dans le secret de salons privés, on y substitue souvent d’autres substances aux effets plus récréatifs, échappatoires éphémères de vies parfois maussades et laborieuses. De nombreux loisirs honteux se jouent en secret, la direction de ces lieux d’évasion plus ou moins dissolus est entre les mains d’organisations clandestines sévèrement réprimée par le pouvoir en place, et pourtant tenaces et enracinées. Enfin, tout cela a surtout lieux dans les cités majeures du Raknarak.